Une fête gâchée qui a tout changé
Noël 2023 aurait dû sentir le pin et l’huître fraîche. À la place, les ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon ont vu leur produit phare interdit de vente pendant un mois à cause d’une épidémie de gastro‑entérite.
Les analyses ont révélé la présence de norovirus, un virus qui provoque vomissements et diarrhées, dans les eaux du Bassin.
Les regards se sont tournés vers le réseau d’assainissement : après des semaines de pluie, les bassins de rétention saturés ont débordé et des eaux usées se sont mêlées aux eaux de pluie.
Cet épisode a déclenché des plaintes des associations écologistes et ouvert une enquête judiciaire.
Depuis, la confiance est rompue et la question qui hante tout le territoire est simple :
Les analyses ont révélé la présence de norovirus, un virus qui provoque vomissements et diarrhées, dans les eaux du Bassin.
Les regards se sont tournés vers le réseau d’assainissement : après des semaines de pluie, les bassins de rétention saturés ont débordé et des eaux usées se sont mêlées aux eaux de pluie.
Cet épisode a déclenché des plaintes des associations écologistes et ouvert une enquête judiciaire.
Depuis, la confiance est rompue et la question qui hante tout le territoire est simple :
comment un tel désastre a‑t‑il été possible ?
Un écosystème fragile et vital
Le Bassin d’Arcachon est une lagune semi‑fermée, nourrie par les marées mais dépourvue de grands courants capables d’emporter les pollutions.
C’est une nurserie pour les poissons et, surtout, le cœur d’une filière ostréicole qui fait vivre plus de 3 000 personnes.
En été, jusqu’à 50 000 m³ d’eaux usées arrivent chaque jour dans les stations d’épuration du secteur.
Autant dire qu’une « petite » dérogation peut suffire à compromettre la qualité des eaux.
Cette fragilité explique la mobilisation exceptionnelle des riverains et des associations lorsque l’État et le Syndicat intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA) ont cherché à légaliser certains rejets d’eaux usées.
C’est une nurserie pour les poissons et, surtout, le cœur d’une filière ostréicole qui fait vivre plus de 3 000 personnes.
En été, jusqu’à 50 000 m³ d’eaux usées arrivent chaque jour dans les stations d’épuration du secteur.
Autant dire qu’une « petite » dérogation peut suffire à compromettre la qualité des eaux.
Cette fragilité explique la mobilisation exceptionnelle des riverains et des associations lorsque l’État et le Syndicat intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA) ont cherché à légaliser certains rejets d’eaux usées.
Chronologie d’une pollution annoncée
Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut remonter le fil des événements :
1. Automne 2023 – des pluies historiques. Du 15 octobre 2023 au 31 mars 2024, il est tombé 1 241 mm de pluie sur le Bassin d’Arcachon, bien au‑delà de la moyenne annuelle de 973 mm. La nappe phréatique est restée affleurante plusieurs mois et des eaux parasites ont envahi le système d’assainissement.
2. Week‑end du 30 mars 2024 – débordements constatés. Face à des épisodes de pluie dépassant 70 mm en sept jours (128,7 mm entre le 22 et le 28 février ; 72 mm du 1ᵉʳ au 7 mars ; 94,2 mm du 25 au 31 mars), les bassins de sécurité ont été remplis au‑delà de leur capacité. Des débordements en zone urbaine et sur la frange littorale ont été constatés par l’Office français de la biodiversité le 1ᵉʳ avril 2024.
3. 2 avril 2024 – ordonnance de justice. Saisie par les associations de défense de l’environnement, la juge des libertés a ordonné au SIBA et à son délégataire SB2A de cesser tout rejet en milieu naturel, d’effectuer des analyses indépendantes et de construire des déversoirs d’orage sous quatre mois, sous peine d’astreintes financières.
4. 24 juillet 2024 – un « permis de polluer » ? Pour se conformer aux injonctions, le SIBA dépose un « porté‑à‑connaissance » auprès de la DDTM afin de modifier les arrêtés préfectoraux. Le document propose d’autoriser des rejets lorsque la pluie dépasse 70 mm en 7 jours, une situation qui survient trois ou quatre fois par an. Pour les associations, cette proposition revient à dépénaliser les déversements et constitue un véritable permis de polluer.
5. 16 octobre 2024 – promesse d’investissement. Le SIBA annonce un programme de travaux de 120 millions d’euros pour moderniser le réseau. Dans les faits, seuls 6,3 M€ ont été dépensés en 2024 sur un budget de 23,7 M€, soit à peine 26,69 % des investissements prévus. Le taux de renouvellement des réseaux est tombé à 0,44 %, ce qui implique 227 ans pour remplacer l’ensemble du réseau.
6. 28 février 2025 – arrêtés préfectoraux polémiques. Le préfet de la Gironde signe deux arrêtés permettant au SIBA de déverser des eaux usées lors de maintenances programmées ou de circonstances « exceptionnelles ». Ces textes déclenchent manifestations et recours.
7. 20 mai 2025 – la justice suspend les arrêtés. Le tribunal administratif de Bordeaux annule les arrêtés du 28 février 2025, estimant que la charge de pollution organique, la sensibilité du milieu et l’absence de données sur la fréquence des débordements rendaient ces textes dangereux. La juge souligne qu’autoriser l’ouverture des vannes lors de fortes pluies pourrait entraîner des « dangers et inconvénients significatifs ».
8. 22 mai 2025 – réaction de l’État. La préfecture de Gironde prend acte de la suspension et rappelle que les arrêtés avaient été pris à la demande du SIBA. Elle précise que les arrêtés antérieurs de 2019 et 2023 restent en vigueur et qu’un contrôle renforcé sera exercé sur le syndicat. Un pourvoi en cassation est envisagé.
9. 25 novembre 2025 – confirmation par le Conseil d’État. La plus haute juridiction administrative confirme la suspension des arrêtés préfectoraux. Elle juge que les risques environnementaux et sanitaires étaient insuffisamment évalués, qu’aucune étude d’impact sérieuse n’avait été menée et que l’écosystème semi‑fermé du Bassin d’Arcachon ne pouvait absorber des rejets supplémentaires. Les associations parlent d’une victoire et dénoncent un arrêté qui permettait aux élus de se protéger juridiquement.
10. 2026 – une vigilance renforcée. Fin 2025 et début 2026, l’ADEBA demande au SIBA de communiquer ses diagnostics et programmes d’actions, rappelant qu’en vertu du décret du 21 juillet 2015 le gestionnaire doit produire des bilans de fonctionnement et un plan de renouvellement. Les associations promettent de suivre de près la mise en œuvre du programme de 120 M€.
Cette chronologie montre un enchaînement de décisions politiques et juridiques, sur fond de réseaux vieillissants et de pluies de plus en plus intenses.
1. Automne 2023 – des pluies historiques. Du 15 octobre 2023 au 31 mars 2024, il est tombé 1 241 mm de pluie sur le Bassin d’Arcachon, bien au‑delà de la moyenne annuelle de 973 mm. La nappe phréatique est restée affleurante plusieurs mois et des eaux parasites ont envahi le système d’assainissement.
2. Week‑end du 30 mars 2024 – débordements constatés. Face à des épisodes de pluie dépassant 70 mm en sept jours (128,7 mm entre le 22 et le 28 février ; 72 mm du 1ᵉʳ au 7 mars ; 94,2 mm du 25 au 31 mars), les bassins de sécurité ont été remplis au‑delà de leur capacité. Des débordements en zone urbaine et sur la frange littorale ont été constatés par l’Office français de la biodiversité le 1ᵉʳ avril 2024.
3. 2 avril 2024 – ordonnance de justice. Saisie par les associations de défense de l’environnement, la juge des libertés a ordonné au SIBA et à son délégataire SB2A de cesser tout rejet en milieu naturel, d’effectuer des analyses indépendantes et de construire des déversoirs d’orage sous quatre mois, sous peine d’astreintes financières.
4. 24 juillet 2024 – un « permis de polluer » ? Pour se conformer aux injonctions, le SIBA dépose un « porté‑à‑connaissance » auprès de la DDTM afin de modifier les arrêtés préfectoraux. Le document propose d’autoriser des rejets lorsque la pluie dépasse 70 mm en 7 jours, une situation qui survient trois ou quatre fois par an. Pour les associations, cette proposition revient à dépénaliser les déversements et constitue un véritable permis de polluer.
5. 16 octobre 2024 – promesse d’investissement. Le SIBA annonce un programme de travaux de 120 millions d’euros pour moderniser le réseau. Dans les faits, seuls 6,3 M€ ont été dépensés en 2024 sur un budget de 23,7 M€, soit à peine 26,69 % des investissements prévus. Le taux de renouvellement des réseaux est tombé à 0,44 %, ce qui implique 227 ans pour remplacer l’ensemble du réseau.
6. 28 février 2025 – arrêtés préfectoraux polémiques. Le préfet de la Gironde signe deux arrêtés permettant au SIBA de déverser des eaux usées lors de maintenances programmées ou de circonstances « exceptionnelles ». Ces textes déclenchent manifestations et recours.
7. 20 mai 2025 – la justice suspend les arrêtés. Le tribunal administratif de Bordeaux annule les arrêtés du 28 février 2025, estimant que la charge de pollution organique, la sensibilité du milieu et l’absence de données sur la fréquence des débordements rendaient ces textes dangereux. La juge souligne qu’autoriser l’ouverture des vannes lors de fortes pluies pourrait entraîner des « dangers et inconvénients significatifs ».
8. 22 mai 2025 – réaction de l’État. La préfecture de Gironde prend acte de la suspension et rappelle que les arrêtés avaient été pris à la demande du SIBA. Elle précise que les arrêtés antérieurs de 2019 et 2023 restent en vigueur et qu’un contrôle renforcé sera exercé sur le syndicat. Un pourvoi en cassation est envisagé.
9. 25 novembre 2025 – confirmation par le Conseil d’État. La plus haute juridiction administrative confirme la suspension des arrêtés préfectoraux. Elle juge que les risques environnementaux et sanitaires étaient insuffisamment évalués, qu’aucune étude d’impact sérieuse n’avait été menée et que l’écosystème semi‑fermé du Bassin d’Arcachon ne pouvait absorber des rejets supplémentaires. Les associations parlent d’une victoire et dénoncent un arrêté qui permettait aux élus de se protéger juridiquement.
10. 2026 – une vigilance renforcée. Fin 2025 et début 2026, l’ADEBA demande au SIBA de communiquer ses diagnostics et programmes d’actions, rappelant qu’en vertu du décret du 21 juillet 2015 le gestionnaire doit produire des bilans de fonctionnement et un plan de renouvellement. Les associations promettent de suivre de près la mise en œuvre du programme de 120 M€.
Cette chronologie montre un enchaînement de décisions politiques et juridiques, sur fond de réseaux vieillissants et de pluies de plus en plus intenses.
Quand la pluie transforme les canalisations en torrents
Les déversoirs de sécurité du Bassin d’Arcachon ont été dimensionnés pour des orages ponctuels, pas pour des hivers entiers de pluies.
Le rapport annuel 2024 du délégataire SB2A/SIBA souligne qu’en cinq mois, 1 241 mm de pluie sont tombés, entraînant une saturation des réseaux. La nappe phréatique, déjà haute, s’est maintenue à niveau jusqu’en mai 2024.
Le même rapport précise que plusieurs périodes ont enregistré des cumuls largement supérieurs au seuil de 70 mm en sept jours : 128,7 mm fin février, 72 mm début mars et 94,2 mm fin mars.
Lors de ces épisodes, la saturation des bassins a provoqué des débordements urbains et des surverses littorales, constatés par l’Office français de la biodiversité.
Pour éviter que les stations d’épuration ne cèdent, les opérateurs ont privilégié l’utilisation des capacités de stockage, parfois au‑delà de leur volume maximal.
À première vue, tolérer des rejets au‑delà de 70 mm pourrait sembler raisonnable.
Pourtant, comme l’ont rappelé les associations, ce seuil est atteint plusieurs fois par an et jusqu’à six ou huit fois les années les plus humides.
Faire de cet événement un cas « exceptionnel » relève donc, selon elles, du tour de passe‑passe…
Le rapport annuel 2024 du délégataire SB2A/SIBA souligne qu’en cinq mois, 1 241 mm de pluie sont tombés, entraînant une saturation des réseaux. La nappe phréatique, déjà haute, s’est maintenue à niveau jusqu’en mai 2024.
Le même rapport précise que plusieurs périodes ont enregistré des cumuls largement supérieurs au seuil de 70 mm en sept jours : 128,7 mm fin février, 72 mm début mars et 94,2 mm fin mars.
Lors de ces épisodes, la saturation des bassins a provoqué des débordements urbains et des surverses littorales, constatés par l’Office français de la biodiversité.
Pour éviter que les stations d’épuration ne cèdent, les opérateurs ont privilégié l’utilisation des capacités de stockage, parfois au‑delà de leur volume maximal.
À première vue, tolérer des rejets au‑delà de 70 mm pourrait sembler raisonnable.
Pourtant, comme l’ont rappelé les associations, ce seuil est atteint plusieurs fois par an et jusqu’à six ou huit fois les années les plus humides.
Faire de cet événement un cas « exceptionnel » relève donc, selon elles, du tour de passe‑passe…
Un cadre juridique contesté
À l’origine de la polémique, il y a un arrêté préfectoral signé à la demande du SIBA.
Cet arrêté autorisait le rejet d’eaux usées « en cas de saturation » et devait être déclenché lors d’épisodes pluvieux, de pics touristiques ou de pannes.
Les associations y voyaient un « permis de déverser » taillé pour protéger les élus.
Le Conseil d’État a estimé que ces rejets présentaient un risque grave pour l’écosystème semi‑fermé du Bassin et qu’ils ne reposaient sur aucune étude d’impact sérieuse.
Il a rappelé que toute autorisation de rejets dans une zone aussi sensible nécessite un avis conforme du Conseil de gestion du Parc naturel marin.
Cette décision a mis fin au « bouclier juridique » dont bénéficiaient jusqu’alors le SIBA et les maires siégeant dans l’instance.
Le 20 mai 2025, la justice administrative avait déjà suspendu les arrêtés du préfet.
La juge des référés a souligné que les textes ne précisaient pas la fréquence des débordements, que le milieu récepteur était particulièrement sensible et que la pollution organique était trop élevée pour être tolérée.
Cette décision a été accueillie avec soulagement par les associations et les ostréiculteurs.
Cet arrêté autorisait le rejet d’eaux usées « en cas de saturation » et devait être déclenché lors d’épisodes pluvieux, de pics touristiques ou de pannes.
Les associations y voyaient un « permis de déverser » taillé pour protéger les élus.
Le Conseil d’État a estimé que ces rejets présentaient un risque grave pour l’écosystème semi‑fermé du Bassin et qu’ils ne reposaient sur aucune étude d’impact sérieuse.
Il a rappelé que toute autorisation de rejets dans une zone aussi sensible nécessite un avis conforme du Conseil de gestion du Parc naturel marin.
Cette décision a mis fin au « bouclier juridique » dont bénéficiaient jusqu’alors le SIBA et les maires siégeant dans l’instance.
Le 20 mai 2025, la justice administrative avait déjà suspendu les arrêtés du préfet.
La juge des référés a souligné que les textes ne précisaient pas la fréquence des débordements, que le milieu récepteur était particulièrement sensible et que la pollution organique était trop élevée pour être tolérée.
Cette décision a été accueillie avec soulagement par les associations et les ostréiculteurs.
Gouvernance du SIBA : un modèle à revoir ?
Yves Foulon, maire d’Arcachon et Président du Sima a été entendu dans le cadre de l’enquête ouverte début 2024 pour « pollution », « écocide », et « mise en danger de la vie d’autrui »
Au-delà des textes, les critiques portent sur l’organisation même du SIBA.
Comme le rappelle le média Aqui, le syndicat cumule quatre rôles : concepteur, exploitant, contrôleur et communicant du système d’assainissement.
Cette concentration des pouvoirs est unique en France et laisse les élus juges et parties.
Les associations dénoncent l’absence de contre‑pouvoir technique indépendant et la tentation de gérer la crise via la communication plutôt que par des investissements.
Sur le plan financier, les chiffres parlent d’eux‑mêmes.
En 2024, seuls 26,69 % du budget d’assainissement ont été engagés, alors que la trésorerie de ce service atteignait 18,7 M€.
Le taux de renouvellement des réseaux (0,44 %) est si faible qu’il faudrait plus de deux siècles pour remplacer entièrement les canalisations.
Pendant ce temps, 120 000 € ont été dépensés en campagne de publicité touristique.
Cette situation nourrit la colère des habitants qui estiment que l’entretien du réseau passe après l’image du territoire.
Comme le rappelle le média Aqui, le syndicat cumule quatre rôles : concepteur, exploitant, contrôleur et communicant du système d’assainissement.
Cette concentration des pouvoirs est unique en France et laisse les élus juges et parties.
Les associations dénoncent l’absence de contre‑pouvoir technique indépendant et la tentation de gérer la crise via la communication plutôt que par des investissements.
Sur le plan financier, les chiffres parlent d’eux‑mêmes.
En 2024, seuls 26,69 % du budget d’assainissement ont été engagés, alors que la trésorerie de ce service atteignait 18,7 M€.
Le taux de renouvellement des réseaux (0,44 %) est si faible qu’il faudrait plus de deux siècles pour remplacer entièrement les canalisations.
Pendant ce temps, 120 000 € ont été dépensés en campagne de publicité touristique.
Cette situation nourrit la colère des habitants qui estiment que l’entretien du réseau passe après l’image du territoire.
Les voix de la contestation
Les associations ADEBA, CEBA, SEPANSO et Les Sentinelles du Bassin mènent depuis 2023 un travail de veille et de recours.
Après la décision du Conseil d’État, Les Sentinelles ont salué la « victoire des associations » et rappelé que l’arrêté attaqué permettait aux élus de se soustraire à leur responsabilité pénale.
Le Comité régional des ostréiculteurs, traumatisé par l’interdiction de vente de Noël 2023, a dénoncé l’idée même d’autoriser des rejets plusieurs fois par an.
Dans un communiqué daté du 31 décembre 2025, l’ADEBA souligne que le SIBA est légalement tenu d’établir un diagnostic périodique du réseau d’assainissement, de définir un programme d’actions hiérarchisé et de transmettre chaque année un bilan de fonctionnement aux autorités.
L’association rappelle que, faute de transparence, elle a dû saisir la CADA et demander officiellement ces documents au SIBA.
Après la décision du Conseil d’État, Les Sentinelles ont salué la « victoire des associations » et rappelé que l’arrêté attaqué permettait aux élus de se soustraire à leur responsabilité pénale.
Le Comité régional des ostréiculteurs, traumatisé par l’interdiction de vente de Noël 2023, a dénoncé l’idée même d’autoriser des rejets plusieurs fois par an.
Dans un communiqué daté du 31 décembre 2025, l’ADEBA souligne que le SIBA est légalement tenu d’établir un diagnostic périodique du réseau d’assainissement, de définir un programme d’actions hiérarchisé et de transmettre chaque année un bilan de fonctionnement aux autorités.
L’association rappelle que, faute de transparence, elle a dû saisir la CADA et demander officiellement ces documents au SIBA.
Quelles pistes pour sortir de la crise ?
Le SIBA et l’État ont annoncé un plan d’investissement de 120 M€ sur cinq ans pour moderniser le réseau et créer des déversoirs d’orage sur les bassins de sécurité.
Cette somme doit financer :
- La rénovation et le renouvellement des réseaux : augmenter le taux de renouvellement à un niveau compatible avec la durée de vie des canalisations et réduire les entrées d’eaux parasites. Les associations réclament un suivi indépendant et un calendrier transparent.
- La séparation des eaux pluviales et usées : dans de nombreuses communes, les réseaux sont unitaires. Il faut favoriser l’infiltration des eaux de pluie à la parcelle et restaurer les fossés pour éviter que le réseau ne soit saturé dès que la nappe est haute.
- Des bassins de rétention dimensionnés pour le climat de demain : les épisodes pluvieux intenses ne sont plus exceptionnels. Les infrastructures doivent tenir compte des projections du changement climatique.
- Un pilotage démocratique : la gouvernance du SIBA pourrait intégrer des représentants d’usagers et d’experts indépendants pour instaurer un véritable contre‑pouvoir. Les élus locaux devraient également être formés aux enjeux sanitaires et juridiques liés à l’assainissement.
Cette somme doit financer :
- La rénovation et le renouvellement des réseaux : augmenter le taux de renouvellement à un niveau compatible avec la durée de vie des canalisations et réduire les entrées d’eaux parasites. Les associations réclament un suivi indépendant et un calendrier transparent.
- La séparation des eaux pluviales et usées : dans de nombreuses communes, les réseaux sont unitaires. Il faut favoriser l’infiltration des eaux de pluie à la parcelle et restaurer les fossés pour éviter que le réseau ne soit saturé dès que la nappe est haute.
- Des bassins de rétention dimensionnés pour le climat de demain : les épisodes pluvieux intenses ne sont plus exceptionnels. Les infrastructures doivent tenir compte des projections du changement climatique.
- Un pilotage démocratique : la gouvernance du SIBA pourrait intégrer des représentants d’usagers et d’experts indépendants pour instaurer un véritable contre‑pouvoir. Les élus locaux devraient également être formés aux enjeux sanitaires et juridiques liés à l’assainissement.
Le mot de la fin
Raconter cette affaire, c’est constater un choc entre un territoire qui se rêvait carte postale et la réalité brutale de nos infrastructures.
En quelques mois, le Bassin d’Arcachon est passé du statut de paradis ostréicole à celui de cas d’école des défaillances de l’assainissement.
Les juges ont dit le droit, les associations ont joué leur rôle de vigie, et les élus devront désormais faire preuve d’exemplarité.
En tant que blogueur local, résident du bassin, je ne me contente pas de pointer du doigt.
J’attends de voir les pelleteuses au travail, les tuyaux changés et les nappes surveillées.
L’eau du Bassin n’est pas seulement un décor ; c’est une matrice où se mélangent traditions, économies et rêves.
La préserver n’est ni un luxe ni une option : c’est une nécessité vitale qui mérite bien plus qu’un « permis de déverser ».
En quelques mois, le Bassin d’Arcachon est passé du statut de paradis ostréicole à celui de cas d’école des défaillances de l’assainissement.
Les juges ont dit le droit, les associations ont joué leur rôle de vigie, et les élus devront désormais faire preuve d’exemplarité.
En tant que blogueur local, résident du bassin, je ne me contente pas de pointer du doigt.
J’attends de voir les pelleteuses au travail, les tuyaux changés et les nappes surveillées.
L’eau du Bassin n’est pas seulement un décor ; c’est une matrice où se mélangent traditions, économies et rêves.
La préserver n’est ni un luxe ni une option : c’est une nécessité vitale qui mérite bien plus qu’un « permis de déverser ».
Sources et ressources pour approfondir
Pour les lecteurs qui souhaitent vérifier les informations et aller plus loin, voici quelques références et documents clés :
Ces liens offrent des points de vue diversifiés officiels, associatifs et journalistiques pour comprendre les enjeux de la pollution du Bassin d’Arcachon et le débat autour des débordements des réseaux d’assainissement.
Vous pouvez vous aussi agir en commentant ce post par votre avis qui sera respecté et publié ⤵️
- Rue89 Bordeaux – 20 mai 2025 : Rejets d’eaux usées dans le bassin d’Arcachon : la justice coupe le robinet au SIBA.
- Préfecture de la Gironde – 22 mai 2025 : communiqué de presse Suspension des arrêtés modificatifs relatifs aux systèmes d’assainissement, consultable sur le site de la préfecture.
- Aqui.Media – 26 novembre 2025 : Bassin d’Arcachon : le Conseil d’État fait tomber le bouclier juridique du SIBA et des maires :.
- LeBetey – 22 mars 2025 : Chronologie des débordements : 2023‑2025, qui retrace les épisodes pluvieux et les décisions administratives.
- InfoBassin – 3 mars 2025 : article de synthèse Bassin : Revirement du Préfet sur le droit de polluer !
- Rapport annuel du délégataire SIBA/SB2A – 2024 : Rapport annuel du délégataire (RAD SIBA), qui détaille la pluviométrie exceptionnelle et ses effets sur le réseau.
- Batinfo – 7 octobre 2024 : Outcry in the Arcachon Basin over a possible “pollution permit” (en anglais).
- ADEBA (Association de Défense des Eaux du Bassin d’Arcachon) : actualités et lettres ouvertes, notamment sur les diagnostics et programmes d’actions.
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