Problèmes d’eaux usées et gestion des fossés : la faute des habitants ?

Rédigé le Vendredi 27 Février 2026 à 08:00 Mis à jour le Lundi 16 Février 2026



Problèmes inondations sur le bassin d’Arcachon
Le Bassin d’Arcachon, c’est ce coin de paradis où on vit entourés d’eau. Sauf que parfois, on en a un peu trop... Et quand ça déborde, c’est souvent là que les vrais problèmes commencent.

Aujourd'hui, je veux parler d’un sujet qui, sans mauvais jeu de mots, fait des vagues : la gestion des eaux usées et des fossés, et comment on en est arrivé à pointer du doigt… les habitants.

Les fossés privés : des responsabilités floues

Tu as sûrement entendu parler de ces crastes et fossés qui sillonnent nos quartiers et servent à drainer les eaux pluviales. On pourrait penser que leur gestion relève d'une responsabilité publique, mais pas vraiment.

Ce que beaucoup ignorent, c'est que près de la moitié de ces fossés se trouvent sur des terrains privés.

Oui, tu as bien lu.

Cela veut dire que leur entretien dépend de nous, simples citoyens, qui devons nous assurer qu’ils ne s’engorgent pas, sous peine de voir l’eau envahir nos terrains… et parfois ceux des voisins. Le SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon) est clair là-dessus :
"Nous, on ne peut pas intervenir chez vous."

Autrement dit, si ton fossé est bouché ou mal entretenu, c’est à toi d’agir.

Mais soyons honnêtes, est-ce que tout le monde est vraiment au courant de cette responsabilité ?

Et surtout, a-t-on les compétences pour bien faire ?
 

L’inondation, une question de fossé privé ?



Quand les pluies s’intensifient, comme cet hiver, le réseau est « sous pression ». (Doux euphémisme)

Mais ce que le SIBA laisse entendre dans un de ses rapports, c’est que si ça déborde, c’est en partie la faute des habitants qui n'entretiennent pas leurs fossés.

Cette idée a de quoi faire grincer des dents.

D’un côté, on nous demande de prendre en charge l’entretien d’un réseau critique qui devrait, en toute logique, être du ressort des autorités publiques.

De l’autre, on nous laisse face à des problèmes bien plus complexes que simplement sortir la pelle pour déboucher un fossé.

Imagine une situation où ton voisin ne s’occupe pas de son fossé, et que, lors d'une grosse pluie, toute son eau s’écoule chez toi.

Que fais-tu ?

Appeler le SIBA ne t'aidera pas beaucoup.

L’institution a déjà mis en place des règles strictes pour les nouvelles constructions, mais pour ce qui est des fossés sur propriétés privées, le contrôle est quasi inexistant.

Aucune sanction réelle, aucun suivi. Résultat ?

Si ton voisin fait mal le travail, c’est toi qui payes les pots cassés.

 

Eaux usées : les habitants aussi en cause ?



Le document du SIBA ne s’arrête pas là.

On apprend aussi que les réseaux d’eaux usées sont souvent saturés par… des eaux de pluie.

Là encore, les habitants sont montrés du doigt pour des raccordements de gouttières ou des transferts d’eau de pluie vers les égouts.

Oui, certains d’entre nous font peut-être des erreurs de raccordement, souvent par manque d’information.

Mais il y a aussi une autre vérité : le réseau d’assainissement du Bassin n’est peut-être plus dimensionné pour absorber les réalités climatiques d’aujourd’hui.

En gros, plutôt que de s’interroger sur la capacité des infrastructures à gérer ces flux d’eau croissants, le SIBA semble insister sur les "erreurs" des habitants.

Mais la vraie question est : le réseau est-il suffisamment robuste pour éviter les débordements ?

 

Un transfert de responsabilités mal géré ?

Si on lit entre les lignes, on comprend que le SIBA compte sur nous pour faire le boulot, mais sans vraiment nous donner les moyens ou l’accompagnement nécessaires pour bien le faire.

Ni formation, ni contrôle, ni véritable suivi sur l’entretien des fossés privés.

Et pour les eaux usées, le constat est similaire : on blâme les habitants pour des raccordements illicites, mais on ne propose pas de solutions concrètes pour prévenir ces erreurs.

On pourrait se demander si, dans ce transfert de responsabilités, le SIBA n’essaie pas de se décharger d’une part de ses propres obligations.

Car au final, si le réseau déborde, c’est sûrement en partie à cause de nous, mais pas uniquement non ?

 

Les vraies questions à se poser

En creusant un peu, on voit bien que la situation est plus complexe que simplement dire "les habitants sont responsables".

Oui, on a tous un rôle à jouer, mais est-ce vraiment à nous de gérer des infrastructures publiques comme les fossés, ou de comprendre les subtilités des réseaux d’eaux usées ?

Est-ce qu’il ne serait pas plus judicieux que le SIBA prenne en main une partie de cette gestion, notamment pour les fossés sur propriétés privées ?

Ou, à minima, qu’ils mettent en place un accompagnement et un contrôle plus stricts.

Si les inondations deviennent de plus en plus fréquentes et que les réseaux débordent, c’est peut-être aussi parce que les infrastructures du Bassin ne sont plus adaptées aux réalités climatiques actuelles.

Plutôt que de simplement pointer du doigt les mauvaises pratiques des habitants, il est temps de se poser les vraies questions sur la capacité du SIBA à anticiper et à gérer ces changements.

 

oui, on peut tous mieux faire.

Mais la vraie responsabilité n’est-elle pas aussi du côté des infrastructures publiques ?

Si les fossés et les réseaux d’eaux usées sont si critiques, peut-être qu'il est temps que le SIBA en prenne pleinement la charge, au lieu de compter sur nous pour gérer des situations de plus en plus complexes.

Je ne veux pas tirer sur l’ambulance, le SIBA est la cible de nombreuses critiques surtout en ce moment, ils font un boulot très complexe c’est évident.

EVIDEMMENT, je ne critique pas les travailleurs, employés du SIBA qui tous font le mieux qu’ils peuvent avec ce qu’on leur donne et permets. Je pose des questions sur les Instances, gouvernances et responsables.

Pour autant, maintenant qu’on a bien listé les degrés de responsabilité, que fait-on contre toutes ces inondations ? 

Résumé du document officiel du SIBA (à télécharger)

Le SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon) est au cœur de la gestion des eaux pluviales et usées du bassin. L’hiver 2023-2024 a marqué un tournant avec des précipitations record : 1,20 mètre de pluie sur six mois, soit l'équivalent de 6500 piscines olympiques déversées chaque jour. Ce déluge a mis en lumière les défis que le SIBA doit relever pour protéger les habitants et leur environnement.

La pluie, un enjeu de taille

Avec une augmentation de 50 % des précipitations dans le nord de la France et 20 % sur la côte Atlantique, il devient impératif de gérer ces masses d’eau. Le bassin d'Arcachon et ses alentours, avec un sol sableux favorable à l'infiltration, dépendent d'un réseau de fossés et crastes pour absorber l'excès d'eau. Mais, parfois, même cela ne suffit pas. Le SIBA impose donc une réglementation stricte depuis 1982 pour que les constructions neuves et existantes favorisent l’infiltration naturelle de l’eau.

La bataille contre l'imperméabilisation

L'urbanisation croissante (0,3 % de surfaces imperméabilisées en plus chaque année) met à mal ce fragile équilibre. Pour compenser, le SIBA impose des mesures pour que chaque mètre carré imperméabilisé compense par un stockage et une infiltration des eaux pluviales. Si ce n'est pas respecté, ce sont des inondations dans les jardins, fossés et parfois même les maisons qui deviennent inévitables.

Quand tout est plein, c'est plein

Le réseau de gestion des eaux du SIBA est impressionnant : stations d'épuration, bassins de régulation, et même des déversoirs d'orage sont mobilisés pour éviter les débordements. Mais lorsque tout est saturé, il n’y a plus d’échappatoire. C’est là que des solutions innovantes sont mises en place pour ralentir l’écoulement et créer de nouveaux exutoires naturels.

Le réchauffement climatique, un défi majeur

Avec un climat qui se réchauffe, les pluies seront de plus en plus fréquentes et intenses. Le SIBA adapte son infrastructure, avec des solutions comme la création de zones d'expansion pour les eaux de ruissellement ou des bassins de sécurité comme celui de Canteranne, qui a prouvé son efficacité en réduisant de 30 % les apports en eau durant la crue de novembre 2023.

Comment chacun peut agir ?

Le SIBA insiste : chaque habitant a un rôle à jouer ! Accueillir l'eau de pluie dans son jardin, entretenir les fossés et ne pas raccorder ses gouttières au réseau d'assainissement collectif sont des gestes simples mais essentiels. Chaque mètre carré d’infiltration compte pour éviter la saturation des systèmes de drainage.
En bref, l'avenir de la gestion de l'eau sur le bassin dépend non seulement des infrastructures mises en place, mais aussi des actions individuelles. Ensemble, nous pouvons éviter que le bassin ne se transforme en piscine géante chaque hiver !

 

EU_EP_leSIBAvousrepond_dev8 2.pdf  (6.26 Mo)


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