Oubliés de Dos Santos
J’ai choisi ce livre pour une mauvaise raison.
Parce que c’était un Dos Santos. Je lis à peu près tout ce qu’écrit ce Portugais que je considère comme l’un des maîtres du thriller.
Sauf qu’ Oublié n’est pas un thriller.
Et que ce n’est même pas son dernier roman. 😲
C’est son premier !
Écrit en 2004 au Portugal, traduit vingt ans plus tard en français et publié chez Hervé Chopin.
Bien m’en a pris.
Parce qu’il m’a raconté un morceau de la Première Guerre mondiale que je ne connaissais pas.
Et pourtant, il s’est déroulé chez nous. Oubliés raconte l’histoire du Corps expéditionnaire portugais, ces dizaines de milliers de soldats envoyés combattre en France à partir de 1917 dans le cadre de l’alliance entre le Portugal et le Royaume-Uni.
Dos Santos choisit de nous faire entrer dans cette histoire par Afonso, jeune capitaine portugais envoyé dans les Flandres.
Et le titre du livre finit rapidement par prendre tout son sens.
Oubliés par leur pays d’abord.
Après l’arrivée au pouvoir de Sidónio Pais à Lisbonne, hostile à l’engagement portugais dans la guerre, les renforts cessent pratiquement d’arriver. Les hommes restent au front. Fatigués. Mal équipés. Le moral en lambeaux.
Puis arrive le 9 avril 1918. La bataille de la Lys.
Une offensive allemande gigantesque tombe sur les positions portugaises.
Des milliers d’hommes sont tués, blessés ou faits prisonniers.
Et voilà sans doute ce qui m’a le plus frappé en lisant ce livre : ces soldats se sont battus et sont morts en France, mais je ne me souvenais pratiquement pas avoir entendu parler d’eux dans mes livres d’Histoire.
Oubliés deux fois, en quelque sorte.
Par leur pays au moment où ils combattaient.
Puis par notre mémoire collective.
Dos Santos possède trois casquettes. Le chercheur documente. Le journaliste explique. Le romancier nous oblige à nous attacher aux hommes.
👉 Les faits historiques viennent du premier.
👉 La clarté du récit vient du deuxième.
👉 Et l’histoire d’amour d’Afonso avec Agnès donne au troisième la possibilité de mettre un visage sur ce qui pourrait n’être qu’une succession de dates, de batailles et de statistiques.
Tout n’est pas parfait. Le roman fait plus de 600 pages et Dos Santos aurait parfois gagné à laisser quelques dizaines d’entre elles dans les tranchées.
Mais je lui pardonne volontiers. Parce qu’en refermant Oubliés, je connais maintenant une histoire que tout le monde a essayé d’effacer.
Parce que c’était un Dos Santos. Je lis à peu près tout ce qu’écrit ce Portugais que je considère comme l’un des maîtres du thriller.
Sauf qu’ Oublié n’est pas un thriller.
Et que ce n’est même pas son dernier roman. 😲
C’est son premier !
Écrit en 2004 au Portugal, traduit vingt ans plus tard en français et publié chez Hervé Chopin.
Bien m’en a pris.
Parce qu’il m’a raconté un morceau de la Première Guerre mondiale que je ne connaissais pas.
Et pourtant, il s’est déroulé chez nous. Oubliés raconte l’histoire du Corps expéditionnaire portugais, ces dizaines de milliers de soldats envoyés combattre en France à partir de 1917 dans le cadre de l’alliance entre le Portugal et le Royaume-Uni.
Dos Santos choisit de nous faire entrer dans cette histoire par Afonso, jeune capitaine portugais envoyé dans les Flandres.
Et le titre du livre finit rapidement par prendre tout son sens.
Oubliés par leur pays d’abord.
Après l’arrivée au pouvoir de Sidónio Pais à Lisbonne, hostile à l’engagement portugais dans la guerre, les renforts cessent pratiquement d’arriver. Les hommes restent au front. Fatigués. Mal équipés. Le moral en lambeaux.
Puis arrive le 9 avril 1918. La bataille de la Lys.
Une offensive allemande gigantesque tombe sur les positions portugaises.
Des milliers d’hommes sont tués, blessés ou faits prisonniers.
Et voilà sans doute ce qui m’a le plus frappé en lisant ce livre : ces soldats se sont battus et sont morts en France, mais je ne me souvenais pratiquement pas avoir entendu parler d’eux dans mes livres d’Histoire.
Oubliés deux fois, en quelque sorte.
Par leur pays au moment où ils combattaient.
Puis par notre mémoire collective.
Dos Santos possède trois casquettes. Le chercheur documente. Le journaliste explique. Le romancier nous oblige à nous attacher aux hommes.
👉 Les faits historiques viennent du premier.
👉 La clarté du récit vient du deuxième.
👉 Et l’histoire d’amour d’Afonso avec Agnès donne au troisième la possibilité de mettre un visage sur ce qui pourrait n’être qu’une succession de dates, de batailles et de statistiques.
Tout n’est pas parfait. Le roman fait plus de 600 pages et Dos Santos aurait parfois gagné à laisser quelques dizaines d’entre elles dans les tranchées.
Mais je lui pardonne volontiers. Parce qu’en refermant Oubliés, je connais maintenant une histoire que tout le monde a essayé d’effacer.